Parcours Trisha Brown
© Lourdes Delgado
Early Works
Mardi 08 février à 19h & 21h au musée des Abattoirs
plus d'infos
Set and Reset / If you couldn’t see me / Opal Loop / Cloud Installation # 72503 / L’Amour au théâtre
Mercredi 09 et jeudi 10 février 2010 à 19h30 au TNT
Set and Reset / If you couldn’t see me / L’Amour au théâtre
Samedi 12 février à 20h30 à la Maison de la Musique Cap'Découverte - Le Garric - Scène Nationale d'Albi en collaboratoin avec l'ADDA 81
Mardi 15 février à 20h30 au Parvis - Scène Nationale Tarbes - Pyrénées
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À partir des années 80, Trisha Brown se réconcilie avec la scène et débute un nouveau cycle de travail. De ses dispositifs très simples, consistant à ajouter un geste à l’autre, un seul à la fois, et à répéter la phrase qui s’allonge à chaque enchaînement, elle a gardé certains modes d’écriture, explorant des idées complexes sur le mouvement en travaillant plusieurs pièces regroupées. C’est le cas du célèbre Set and Reset, créé en 1983, scénographie qui destructure l’espace avec ses colonnes diaphanes et ses danseurs habillés de transparence. Objets et costumes sont signés Rauschenberg, la musique, pour la première fois, est de Laurie Anderson. Cette pièce à l’esthétique rectangulaire, telle que la définit la chorégraphe, allie débordement et structure, flux ondulatoire et lignes géométriques. Interprétée entre apparition et disparition, elle est aussi une œuvre d’aboutissement, où se conclut un cycle de travail autour des "structures moléculaires instables", à la mesure du flux continu du mouvement et de son radieux vertige, cette gravitation perpétuellement décentrée qui a fait sa renommée.
Autre joyeuse radicalité, le célèbre solo If you couldn’t see me (1994) créé d’après une idée du plasticien et collaborateur de la chorégraphe, Robert Rauschenberg. Exit le rapport frontal et la face. Que peut nous dire le dos ? Exclusivement dansé selon ce point de vue, retourné comme un gant, sans visage, le mouvement brownien se dévoile dans ses aspects cachés. Latéralité, torsions, plongées dans l’espace, basculement, ondulations, ce solo abstrait et autobiographique, interprété à l’origine par la chorégraphe, répond aussi à des questions sur le regard : qu’observons-nous exactement quand nous regardons quelqu’un danser ? une personne réelle, l'incarnation de la danse, un rôle ? Que se passe-t-il pour le spectateur à partir de cette question : "si vous ne pouviez pas me voir ?".
Opal Loop fait aussi l’événement dès 1980. Toujours intéressée par la vision et ses limites, Trisha Brown conçoit cette version en collaboration avec l’artiste visuel Fujiko Nakaya qui imagine pour l’occasion une installation de nuages. Perception et illusion bercent le mouvement de cette pièce climatique et mystérieuse qui se joue du regard et de la présence avec ses corps dérivant au travers des sculptures de brumes. Véritable phénomène météorologique, cette création, composée tel un "chaos liquide", est empreinte de magie. Propos ambitieux contenu dans un énoncé très simple : le rêve, le désir de "danser dans un nuage."
En 2009, Trisha Brown poursuit son parcours exemplaire dans l’invention permanente et l’évolution d’une démarche qui sans cesse déconstruit et complexifie son propos. Il en va du mouvement et des arts plastiques fondateurs comme de la musique, dont la chorégraphe approfondit les rapports au fil des créations. La toile de fond de L’Amour au théâtre, dessinée par Trisha Brown, porte les traces d’une performance dansée où mains et pieds étaient colorés de pastels, tandis qu’éclate la musique de Rameau, des extraits d’Hippolyte et Aricie, première tragédie lyrique du compositeur. Après avoir puisé, depuis les années 90, dans le répertoire musical classique et contemporain, Trisha Brown, interroge sa danse en lien avec le passé, répercutant dans le geste, les principes de liaison et déliaison du baroque. Volutes, spirales, lignes courbes, corps rassemblés jusqu’à fusionner "dans un libertinage de circonstance" cette magistrale création renoue avec l’aspect ludique et sensuel de son mouvement selon l’esprit et les affects de la partition musicale. Irène Filiberti
Mardi 08 février à 19h & 21h au musée des Abattoirs
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Set and Reset / If you couldn’t see me / Opal Loop / Cloud Installation # 72503 / L’Amour au théâtre
Mercredi 09 et jeudi 10 février 2010 à 19h30 au TNT
Set and Reset / If you couldn’t see me / L’Amour au théâtre
Samedi 12 février à 20h30 à la Maison de la Musique Cap'Découverte - Le Garric - Scène Nationale d'Albi en collaboratoin avec l'ADDA 81
Mardi 15 février à 20h30 au Parvis - Scène Nationale Tarbes - Pyrénées
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À partir des années 80, Trisha Brown se réconcilie avec la scène et débute un nouveau cycle de travail. De ses dispositifs très simples, consistant à ajouter un geste à l’autre, un seul à la fois, et à répéter la phrase qui s’allonge à chaque enchaînement, elle a gardé certains modes d’écriture, explorant des idées complexes sur le mouvement en travaillant plusieurs pièces regroupées. C’est le cas du célèbre Set and Reset, créé en 1983, scénographie qui destructure l’espace avec ses colonnes diaphanes et ses danseurs habillés de transparence. Objets et costumes sont signés Rauschenberg, la musique, pour la première fois, est de Laurie Anderson. Cette pièce à l’esthétique rectangulaire, telle que la définit la chorégraphe, allie débordement et structure, flux ondulatoire et lignes géométriques. Interprétée entre apparition et disparition, elle est aussi une œuvre d’aboutissement, où se conclut un cycle de travail autour des "structures moléculaires instables", à la mesure du flux continu du mouvement et de son radieux vertige, cette gravitation perpétuellement décentrée qui a fait sa renommée.
Autre joyeuse radicalité, le célèbre solo If you couldn’t see me (1994) créé d’après une idée du plasticien et collaborateur de la chorégraphe, Robert Rauschenberg. Exit le rapport frontal et la face. Que peut nous dire le dos ? Exclusivement dansé selon ce point de vue, retourné comme un gant, sans visage, le mouvement brownien se dévoile dans ses aspects cachés. Latéralité, torsions, plongées dans l’espace, basculement, ondulations, ce solo abstrait et autobiographique, interprété à l’origine par la chorégraphe, répond aussi à des questions sur le regard : qu’observons-nous exactement quand nous regardons quelqu’un danser ? une personne réelle, l'incarnation de la danse, un rôle ? Que se passe-t-il pour le spectateur à partir de cette question : "si vous ne pouviez pas me voir ?".
Opal Loop fait aussi l’événement dès 1980. Toujours intéressée par la vision et ses limites, Trisha Brown conçoit cette version en collaboration avec l’artiste visuel Fujiko Nakaya qui imagine pour l’occasion une installation de nuages. Perception et illusion bercent le mouvement de cette pièce climatique et mystérieuse qui se joue du regard et de la présence avec ses corps dérivant au travers des sculptures de brumes. Véritable phénomène météorologique, cette création, composée tel un "chaos liquide", est empreinte de magie. Propos ambitieux contenu dans un énoncé très simple : le rêve, le désir de "danser dans un nuage."
En 2009, Trisha Brown poursuit son parcours exemplaire dans l’invention permanente et l’évolution d’une démarche qui sans cesse déconstruit et complexifie son propos. Il en va du mouvement et des arts plastiques fondateurs comme de la musique, dont la chorégraphe approfondit les rapports au fil des créations. La toile de fond de L’Amour au théâtre, dessinée par Trisha Brown, porte les traces d’une performance dansée où mains et pieds étaient colorés de pastels, tandis qu’éclate la musique de Rameau, des extraits d’Hippolyte et Aricie, première tragédie lyrique du compositeur. Après avoir puisé, depuis les années 90, dans le répertoire musical classique et contemporain, Trisha Brown, interroge sa danse en lien avec le passé, répercutant dans le geste, les principes de liaison et déliaison du baroque. Volutes, spirales, lignes courbes, corps rassemblés jusqu’à fusionner "dans un libertinage de circonstance" cette magistrale création renoue avec l’aspect ludique et sensuel de son mouvement selon l’esprit et les affects de la partition musicale. Irène Filiberti
Centre de Développement Chorégraphique – 5, avenue Etienne Billières – 31300 Toulouse (Métro Saint-Cyprien)
Tél +33 (0)5 61 59 98 78 | Fax : +33(0)5 61 59 99 04 | info@cdctoulouse.com
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